ANDRE Jacques
ANDRE Jacques

 








 


Né le 25 février 1919 à Paris
Décédé le 2 avril 1988 (69 ans)

 

 

Sous-Lieutenant (NN) Colonel (1968)


11 victoires homologuées
4 victoires en collaboration
3 victoires probables
1 victoire probable en collaboration





Grade Date
Unités
Arrivée Départ Fonction Secteur
Sgt
1939
 
Ecole de l'Air de Salon 02/40 06/40 Moniteur Salon de Provence
S/C
1941
 
GC II/3 30/10/40 11/42 Pilote AFN. Syrie
Asp
12/43
 
Normandie 22/12/43 08/05/45 Pilote URSS
Slt - Col
1944 - 1968  
Armée de l'Air 1945 1968 Pilote. EM France

Texte original : http://www.normandieniemen.com

Le colonel Jacques André est né le 25 février 1919 à Paris. Ce ne sont pas les fées mais bien son père, Georges André, dit "Geo André" qui s'est penché sur son berceau pour lui insuffler sa passion pour les airs. Geo André, sportif de haut niveau qui réalisa l'exploit de participer à quatre olympiades successives, conduisit précocement son fils sur les aérodromes. A quinze ans, Jacques André est breveté pilote de planeur. Pris en charge par les sections d'aviation populaire, il devient moniteur de vol à voile (1). Entre temps, marchant sur les traces de son père, il est sélectionné en équipe de France d'athlétisme. En 1937, il participe au match France-Allemagne et s'oppose ainsi, sur un plan strictement sportif à ceux qu'il affrontera demain en combat aérien. Grâce à son père, Jacques André a baigné pendant toute son adolescence dans cette double ambiance, aérienne et sportive.

Fréquentant les As de la Grande Guerre, côtoyant Mermoz, il était aussi en relation avec Georges Carpentier et d'autres figures marquantes de l'époque. Son engagement, le 15 avril 1939 dans l'armée de l'Air se présente donc comme l'aboutissement naturel de ses deux passions : le pilotage et le sport. Le 13 décembre 1939, il suit les cours de l'école de pilotage d'Etampes. Sorti major de promotion, alors que l'armée allemande commençait sa conquête du territoire français et qu'il était impatient de livrer bataille, le 18 février 1940, il est désigné comme moniteur à l'Ecole de l'air de Salon. Jacques André regrette cette affectation qui protégeait ainsi de l'épreuve du feu les meilleurs pilotes et envoyait ceux qui avaient le plus grand besoin de rester en école pour se perfectionner. Les Italiens bombardant Marseille, l'état-major décide de replier les élèves sur Pau.

Nommé pilote-convoyeur, il est chargé de trouver les hypothétiques avions basés dans la région pour les conduire en Afrique du Nord. Véritable gageure, il traverse de nombreuses fois la Méditerranée, essuyant à son arrivée les réprimandes des autorités d'AFN qui mettent en doute son ardeur à dénicher les appareils dont ils ont tant besoin. Renvoyé aussitôt en métropole, il se lâsse rapidement de ces inutiles navettes. Seule la présence de son père qu'il a retrouvé, le réconforte. Aussi, lorsque Geo André lui fait part de son désir de gagner l'Algérie, il se met en quête de l'avion qui leur permettra d'effectuer les huit cents kilomètres de traversée. La présence fortuite dans un hangar d'un Simoun bien dissimulé sous une épaisse couche de poussière les ravit. Partis en pleine nuit, sous le feu des sentinelles, ils joignent Alger après quatre heures trente de vol. Arrivé le 26 juin 1940 à Alger-Maison-Blanche, il n'est pas directement affecté au sein du groupe de chasse II/3. Impatient de prendre les commandes d'un des Dewoitine 520 équipant la base, il parvient à convaincre le capitaine de compagnie avec lequel il joue au rugby, de l'intégrer dans une escadrille. C'est chose faite le 30 octobre 1940. Sept mois plus tard éclate l'affaire de Syrie (2).

En Juin 1941, Jacques André est réquisitionné pour participer aux opérations que l'armée de l'Air vichyste livrées contre les troupes britanniques. Quelle a été l'attitude de Jacques André ? Trente-huit ans plus tard, il s'en explique : "Moi, comme sergent-pilote, je n'étais pas à la tête de l'Etat et il m'était difficile, dans l'endroit où j'étais, d'avoir une vue "d'ensemble de la situation (NDR) et de refuser ex-abrupto de partir, parce qu'à ce moment-là le problème était tel que la solution qui m'était offerte, c'était la taule" (3).

Du 18 juin au 11 juillet 1941, il réalise des missions de couverture, de protection, de mitraillage au sol et de destruction. Revenu en Algérie, il quitte Maison-Blanche et débarque à Marseille en septembre 1941. Abandonné par l'armée qui prolonge délibérement ses permissions, il en est réduit à faire les vendanges pour se nourrir. Un soir d'avril 1942, dans un café de Marseille, vêtu des seuls effets qu'il possédait, son uniforme, il surprend la conversation d'un groupe de pilotes décidés à joindre l'Algérie avant que la zone libre ne soit occupée. Le départ est prévu pour minuit, Jacques André ne sera pas en retard. A Blida, il retrouve le Groupe de chasse II/3. Lorsque le 8 novembre 1942, les Alliés débarquent, il est à nouveau placé dans une situation délicate. Censé s'opposer à la pénétration américano-britannique, il est sauvé, comble pour un aviateur, par le ciel ; un épais brouillard empèche son escadrille de décoller. Pris en main par les instructeurs britanniques, son unité est soumise aux entrainements si particuliers de la RAF.

Supportant mal cette ambiance, il saute sur la proposition du général Valin, à la recherche de piloter pour servir au "Normandie". Il explique lui-même son choix, contesté par les officiers restés fidèles au maréchal : "On se fichait éperdument du régime communiste de l'U.R.S.S. Nous avions 22-23 ans, nous avions appris un métier, nous étions suffisamment motivés pour ne pas avoir envie de rester à ne rien faire. On nous offrait l'action, on ne pouvait que dire oui" (4). L'autre raison, plus intime mais non moins profonde, est la mort de son père. Engagé dans les Corps francs d'Afrique, il périt dans une embuscade au moment de la prise de Tunis " et moi j'étais comme un imbécile à ne rien faire " (5).

Comme ses camarades d'escadrille, Cuffaut, Sauvage, Casaneuve, Pierrot, i1 entreprend le long périple qui, du Caire en passant par Téhéran ou i1 attend un mois son visa, doit le conduire à Moscou (6). Parti en octobre 1943 d'Alger, il atteint Toula où est stationné le "Normandie", le 22 décembre 1943. C'est à Alytous, sur les rives du Niémen, que l'aspirant André livre, le 30 juillet 1944, son premier combat et remporte sa première victoire. "Nous étions partis à six (...) mon équipier et moi étions en patrouille haute (...) Je me suis écarté vers la gauche en pensant : 'avec les nuages au-dessus de nous, si les Fritz arrivent, ils débarqueront vers la droite, le soleil dans le dos, et je ne pourrais rien faire. Au contraire, si je me place à gauche je fais cent quatre-vingt degrés et je me trouve tout de suite derrière eux. C'est exactement ce qui s'est produit : je me suis trouvé derrière deux Focke-Wulf 190, en patrouille haute qui accompagnaient des Junker 87. Alors la radio : "Focke-Wulf !" Aussitôt, la bataille de chiens a commencé. J'ai mis plein gaz, viré brutalement, les Fritz ne m'avaient pas vu, je n'avais qu'à tirer et je n'arrivais pas à me décider. Je me disais : "Je suis trop loin... ce n'est pas possible, je suis trop loin, il faut que j'attende." J'étais à vingt mètres pourtant, et j'aurais pu les tirer tous les deux. Combien de temps ai-je attendu ? Quelques dixièmes de seconde ? J'ai fini par descendre le premier, et l'autre est parti en vrille (...). Je ne voulais pas le perdre de vue, j'ai tout réduit, virant brutalement pour me replacer derrière lui en perdant le maximum de vitesse. Hélice plein petit pas et volets sortis, je l'ai suivi jusqu'à son terrain sans m'en rendre compte, et là, je l'ai descendu. " (7).

Au terme de cette offensive, "Normandie" est cité dans un ordre du jour du maréchal Staline et prend le nom de "Normandie-Niemen". Ainsi était reconnue l'intense collaboration des pilotes français aux côtés de leurs homologues soviétiques. Quinze autres victoires viennent s'ajouter, entre le 9 octobre 1944 et le 8 avril 1945, au palmarès de Jacques André. Après la capitulation du IIIe Reich, le 'Normandie-Niémen', conformément au souhait de Staline, regagne le territoire français sur ses propres avions. Au lendemain de cette guerre, Jacques André malgré les possibilités d'entrer à Air France, reste pilote militaire. Il avoue d'ailleurs volontiers que sa présence dans l'armée de l'Air "compte tenu de mon plaisir évident à voler, n'a pas été un travail mais une joie permanente" (8). On retrouve aussi dans sa décision de rester militaire, la même motivation qui l'avait conduit à s'engager : le sport. L'armée lui offrait les possibilités de s'entrainer en vue des jeux olympiques de 1948. Il y participa et atteignit le stade des demi-finales (400 m haies).

Commandant du centre de tir et de bombardement de Cazaux de 1957 à 1960, affecté au secteur 3 radar de Drachenbronn de 1960 à 1962, commandant de la base 943 à Caen de 1963 à 1965, il passe ensuite deux années comme commandant de la base aérienne d'Ivato de Madagascar dont il conserve un souvenir éblouissant. Il termine sa carrière à l'état-major de la IVe région aérienne à Aix-en-Provence. En 1968, il est placé en congé du personnel navigant. Toujours très ému à l'évocation de son père, le colonel André n'a pas à rougir de la comparaison et peut être fier de s'être montré le digne successeur, tant au plan sportif que militaire, de celui qui l'a conduit à cette brillante carrière. Le colonel Jacques André est décédé le 2 avril 1988.

(1) Les sections d'aviation populaire ont été créées le 3l juillet l936 par Pierre Cot, ministre de l'Air du Front populaire.
(2) Le 1er avril 1941, un cuup d'état militaire renversait le régent du royaume d'Irak et plçait à la tête du pays Rachid Ali. Le 27 mai, par les accords de Paris, la France autorisait le transit par la Syrie des avions allemands qui portaient secours à l'Irak soulevé contre les Anglais. L'Angleterre étaitdirectement menacée de voir son approvsionnement en pétrole condamné. Aussi décida-t-ell avec l'approbation de de Gaulle d'envahir les Etats du Levant.
(3) Interview du colonel Jacques André, S.H.A.A.,H.O.n° 170.
(4) IDEM, ibidem.
(5) ID, ibid.
(7) ANDRE (Jacques), Cette fois je n'étais plus spectateur, Icare (64), p. 134.
(8) S.H.A.A., H.O. n° 170.





 

   

Chevalier de la Légion d'Honneur
Croix de Guerre 1939-1945
Héros de l'Union Soviétique (URSS)
Ordre de Lénine (URSS)
Ordre du Drapeau Rouge (URSS)
Médaille de la victoire (URSS)
Ordre de la Guerre pour le Salut de la Patrie (URSS)


 




 



Victoires aériennes

Victoires  
11
.
4
  Collaboration
Probables  
3
.
1
  Collaboration
Non confirmées  
o
.
o
  Collaboration
Endommagés  
o
.
o
  Collaboration

Objectifs terrestres
.
Avions détruits au sol  
-
.
-
  Endommagés au sol
Blindés  
-
.
-
  Véhicules
Locomotives  
-
.
-
  Bateaux

VICTOIRES
Date Heure Revendic Type Unité Avion d'arme Unité Lieu   Référence
18/05/42   Détruit Catalina
Sq 202 D 520 GC II/3 Large Orna
-
1
(Adj) Jeannaud Marcel
(S/C) André Jacques
30/07/44 12.30 Détruit Fw 190
Yak 9 NN Zelwa
2
(Slt) André Jacques
30/07/44 Probable Ju 87
Yak 9 NN Suwalki
-
-
-
(Slt) André Jacques
13/10/44 Détruit Ju 88
Yak 9 NN Schirwindt
3
1
(Slt) André Jacques
(Asp) Penverne Roger
16/10/44 13.10 Détruit Fw 190
Yak 9 NN Gumbinnen
4
(Slt) André Jacques
20/10/44 17.00 Détruit Fw 190
Yak 9 NN Gumbinnen SE
5
(Slt) André Jacques
22/10/44 16.40 Détruit Fw 190
Yak 9 NN Insterburg NE
6
(Slt) André Jacques
23/10/44 15.30 Détruit Fw 190
Yak 9 NN Gumbinnen NW
7
2
(Slt) André Jacques
(Asp) Penverne Roger
16/01/45 10.00 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Kussen W
8
(Slt) André Jacques
16/01/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Kussen W
9
(Slt) André Jacques
16/01/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Gumbinnen N
10
(Slt) André Jacques
16/01/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Gumbinnen N
11
(Slt) André Jacques
16/01/45 Probable Fw 190
Yak 3 NN Kussen SE
-
(Slt) André Jacques
18/01/45 Probable Fw 190
Yak 3 NN Nord Schillen
-
(Slt) André Jacques
19/01/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Schillen
12
(Slt) André Jacques
19/01/45 Détruit Hs 129
Yak 3 NN Gumbinnen W
13
7
5
(Slt) André Jacques
(Slt) Challe Maurice
(Asp) Bléton Pierre
19/01/45 Détruit Hs 129
Yak 3 NN Insterburg W
14
8
6
(Slt) André Jacques
(Slt) Challe Maurice
(Asp) Bléton Pierre
25/03/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Pillau SW
15
(Slt) André Jacques
07/04/45 Probable Fw 190
Yak 3 NN Königsberg NE
-
(Slt) André Jacques
08/04/45 Détruit Fw 190
Yak 3 NN Königsberg NW
16
(Slt) André Jacques


Sources

   

http://www.normandieniemen.org
http://www.normandieniemen.com
http://normandieniemen.free.fr
http://perso.wanadoo.fr/frenchaces/
http://www.ordredelaliberation.fr
http://www.mediares.fr/niemen/

STALIN'S FALCONS - Thomas Polak with Christopher Shores. Grub Street Editions.
Aviateurs de la Liberté - Mémorial des Forces Aériennes Libres par le Colonel Henry Lafont
Normandie-Niemen - Editions Heimdal par Christian-Jacques Ehrengardt
"Ceux du Normandie-Niemen" d'Yves Donjon - Editions Astoure

         





 

 

 

 

 

 


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