COADOU Arthur Marie Marcel
COADOU Arthur Marie Marcel

 

 





 

 



Né le 7 février 1894
Décédé le 22 octobre 1985 à Saint Raphaël

 

 

Sous-Lieutenant

9 victoires homologuées (dont 2 en collaboration)
6 victoires non homologuées


 

 



Grade Date
Unités
Arrivée Départ Fonction Secteur
Cpl
01/02/16
 
Ecole Pilotage 09/15 02/16 Elève Pilote France
Sgt
16/07/16
 
GDE 02/16 04/16 Pilote France
Adj
01/10/17
 
Esc C 59 04/16 01/17 Pilote France
Slt (Prov)
07/03/18
 
GDE 01/17 05/17 Pilote France
     
Esc N 88 05/17 1917 Pilote France


ARTICLE ORIGINAL : http://pilotesdechasse.over-blog.com/article-coadou-marcel et http://pilotesdechasse.over-blog.com/article-coadou-marcel-1920-1940

 

Marcel Coadou est né le 7 février 1894 à Saint Brieuc, dans les Côtes du Nord. Tout d'abord apprenti mécanicien, il se passionne très vite pour l'aviation. Voulant devenir pilote, il s'inscrit à l'école Louis Blériot du Buc où il obtient son Brevet de Pilote Civil n° 1948 , le 4 mai 1915, à tout juste 18 ans. Engagé volontaire dans l'Armée le 30 juin 1915 pour la durée de la guerre, il est affecté au 99e Régiment d'infanterie dans un premier temps. Affecté au 1e Groupe d'Aviation le 22 septembre, il est envoyé à Etampes en qualité d'élève pilote. Le 19 janvier 1916, il obtient le Brevet de Pilote Militaire n° 2445 avant de rejoindre le GD E du 13e Groupe d'Aviation le 24 janvier. Promu Caporal le 1 février, il est affecté à l'Escadrille C 9 le 29 avril, une unité de reconnaissance équipée de Caudron G 4 et basée à Villers les Nancy. Menant des missions quotidiennes, il fait plusieurs rencontres avec l'aviation ennemie. Ainsi, le 18 juin 1916, au cours d'un affrontement avec un Aviatik dans le secteur de Nancy, son appareil est atteint par 7 balles qui provoquent une section du câble de gauchissement. Le 16 juillet, il est promu Sergent. Soucieux d'améliorer l'armement de son appareil, il parvient à monter une mitrailleuse qui lui permet de tirer vers l'avant et de doubler ainsi la puissance de feu de son appareil jusque là muni d'une mitraisseuse actionnée par l'observateur et tirant vers l'arrière.

Après avoir livré 9 combats aériens au sein de l'Escadrille C 9, il retourne au GDE (Groupe des Divisions d'Entrainement) pour y compléter son entrainement le 25 janvier 1917. Là, il vole sur Nieuport et SPAD VII en vue d'une affectation, à sa demande, en unité de chasse sur appareil monoplace. Le 21 mars 1917, Coadou est cité à l'Ordre de la Division :

"Pilote remarquable à tous points de vue. A livré de nombreux combats notamment le 18 Juin 1916, le 27 Juillet 1916, le 7 Novembre 1916, le 23 Janvier 1917 où, seul, il a pris à partie 4 avions allemands qu'il a forcé à s'enfuir. Le 29 Janvier 1917, le 10 Février, le 14 Février, le 16 Février, a concouru, comme pilote, à la prise de photographies à longue distance dans l'intérieur des lignes ennemies. N'a pas hésité à descendre à basse altitude pour mitrailler les rassemblements de troupe dans un cantonnement ennemi le 21 Janvier 1917".

Le 4 mai 1917, Coadou est de nouveau réaffecté en première ligne, à l'Escadrille N 88. L'escadrille N 88 se trouve alors à Chaux dans le territoire de Belfort, son commandant est le Capitaine d'Astier de la Vigerie et elle est équipée principalement de Nieuports 17 et 24. Marcel Coadou consacrera le mois de Mai à faire des essais sur Nieuport et SPAD VII, nouveau chasseur qui arrive peit à petit à l'escadrille, et commencera à participer à des patrouilles de chasse à partir du 14 Juin 1917. Rapidement, il baptisera son avion du nom de Judex, nom tiré d'un film sorti en Janvier 1917 et racontant les exploits d'un justicier. Le 2 Juin, l'escadrille s'est déplacée de Chaux jusqu'au terrain de Rugny dans l'Yonne.

 

 

Le 18 Juin, il est victime en vol d'une panne de bougie qui l'oblige à atterrir très vite. Il se pose dans un champ de seigle, une roue se brise et son avion capote. Il s'en sortira indemme mais son avion est inutilisable. Nouveaux déplacements pour l'escadrille qui s'installe le 28 Juin à Villesavoye dans l'Aisne, puis le 18 Juillet sur le terrain de Maison Neuve. Son premier combat à la N 88 Marcel Coadou va le livrer le 27 Juillet lorsqu'il est attaqué par un biplace allemand. Il sera obligé de rompre le combat, sa mitrailleuse s'étant enrayée. Le 1er Octobre, jour de sa nomination au grade d'adjudant, et alors qu'il vole sur un SPAD VII, il attaque un monoplace allemand qui poursuivait le Capitaine d'Astier de la Vigerie permettant à celui-ci de se dégager. Malheureusement pour le capitaine, le lendemain Marcel Coadou n'est pas la pour l'aider et empécher qu'il soit blessé dans un combat aérien. Le capitaine d'Astier de la Vigerie est hospitalisé et sera remplacé dès le 7 Octobre par le capitaine Louis Séjourné qui vient de l'escadrille N 65.

Au cours du mois de Novembre, le 15 précisément, Marcel Coadou va vivre une expérience extraordinaire. En effet, il a le privilège d'essayer en vol un Albatros D VII qui a été contraint d'attérir le 13 Novembre dans les lignes françaises par les pilotes Henriot et Lienhard de l'escadrille SPA 65. Le 11 Décembre 1917, l'escadrille 88 se déplace sur le terrain de La Noblette dans la Marne. Les croisières de chasse s'enchainent. Elles sont quasi quotidiennes. Les combats aussi qui jusqu'au mois de Février 1918 ne donnent rien. Le 2 Février, M. Coadou attaque aux environs de Reims un Albatros qui, après plusieurs minutes de combat, tombe en vrille, redresse et pique dans les lignes allemandes. Il demandera la confirmation de ce qu'il pense être sa première victoire, confirmation qu'il n'obtiendra pas. Le 3 Février, il combat à nouveau un Albatros sur lequel il tire 85 cartouches sans résultat. Le 17, alors qu'il se bat contre un biplace allemand, sa mitrailleuse s'enraye, puis son moteur tombe en panne et il est contraint d'attérir en urgence hélice calée.

Les missions s'enchainent. Le 18, le 20, le 21, le 22 Février. Le mauvais temps l'empèche de voler pendant quelques jours, mais les vols reprennent le 17 Mars. Une dizaine de jour avant, Marcel Coadou avait appris qu'il était nommé sous-lieutenant à titre temporaire à partir du 7 Mars 1918. 21 Mars, nouveau combat contre un biplace. Le 23 Mars, il fait partie d'une mission de protection du Maréchal des logis Quintard qui attaque une saucisse allemande qui tombera en flammes dans la région ouest de Laon. 24 Mars, 26, 27 Mars, nouveaux combats. Le 31 Mars, M. Coadou mitraille les troupes allemandes aux environs de la ville de Montdidier. 1er Avril 1918, il attaque au dessus de Montdidier un biplace qui tombe en dégageant une forte fumée noire. Toujours pas d'homologation. Le 6 Avril, toujours aux alentours de Montdidier, il attaque un biplace qui tombe de 4000 mêtres jusqu'à 600 mêtres, altitude à laquelle il pique entre Faverolles et Piennes où il s'écrase au sol. M. Coadou demande l'homologation de cette victoire, il ne reçoit pas de réponse ! Le jour même, il effectue une reconnaissance aérienne afin de repérer l'avion qu'il a abattu. Le 11 Avril 1918, ce n'est pas moins de 4 combats qu'il livre dans la journée contre des monoplaces et des biplaces. Comme les pilotes en recevaient l'ordre à l'époque, le 27 Avril, il mitraille les tranchées allemandes dans les environs de Montdidier. Le 2 Mai, il attaque, toujours dans la région de Montdidier un biplace, puis un monoplace Albatros qui s'écrase dans les lignes françaises entre Dompierre et Godenvillers. Revenu à Fouquerolles (Oise), terrain de la N 88, il saute dans une voiture pour aller sur les lieux du crash. Arrivé sur place, il constate la mort du pilote allemand mais aussi que la D.C.A. des environs s'est attribué la victoire !! Toujours pas d'homologation !

 

 

Marcel Coadou enchaine les croisières de chasse jusqu'au 19 Mai, jour ou il livre trois combats aériens. Le second se déroule contre un biplace au Nord Ouest de Noyon, avion sur lequel il tire une trentaine de cartouches. Finalement, le biplace tombe en vrille entre Crisolles et Genvry. Enfin, il obtient sa première victoire homologuée ! Le lendemain, il attaque un biplace qui finit par s'abattre vers Assainvillers. Une grande flamme s'élève du point d'impact. M. Coadou demande l'homologation de cette victoire incontestable, toujours aucune réponse ! 21 Mai. Croisière de chasse vers Noyon. Il attaque deux biplaces. L'un d'entre eux parait sérieusement touché et pique en spirales au nord de Noyon. Juin, Juillet, les missions se succèdent. Le 13 Juillet, il est récompensé de sa première victoire par une citation à l'ordre de l'armée :

"Sous-lieutenant du 99ème R.I., pilote à l'escadrille 88. Excellent officier chef de patrouille remarquable de bravoure et d'allant, a abattu un avion ennemi."

1er Août. Croisière Soissons - Fère en Tardenois. Peu après 14h00, M. Coadou attaque deux Fokker D VII et finit par descendre l'un d'eux dans les lignes françaises à Villemoyenne. Deuxième victoire homologuée ! La guerre pour Marcel Coadou ne se passe pas uniquement dans les airs. Le 8 Août, à l'Est de Moreuil, il attaque les fantassins allemands à la mitrailleuse. Il descend jusqu'à une altitude de 100m., tire 500 cartouches, et poursuit les soldats allemands jusque la route de Roye. Il renouvellera ces attaques contre les troupes allemandes les 10 et 11 Août sur les routes de Montdidier et de Roye. 3ème citation pour lui le 19 Août :

"Excellent pilote de chasse, d'une audace et d'un entrain hors pair, le 1er Août 1918, quoique survolé par cinq adversaires, a attaqué seul deux avions ennemis qui se dirigeaient sur nos ballons d'observation. Après un dur combat, a réussi à abattre l'un d'eux dans nos lignes."

Le 29 Août, il mitraille les tranchées allemandes. Le lendemain, aux environs de Soissons, en attaquant 3 biplaces, il reçoit deux balles explosives dans son avion, dont les éclats de l'une d'entre elles le blesse légèrement au bras. Un évènement important se déroule le 2 Septembre, évènement malheureux mais qui sera profitable à M. Coadou. En effet, le capitaine Gabriel Thomas, commandant de l'escadrille depuis le 1er Août 1918, est blessé au cours d'un combat aérien. Il est évacué le jour même et remplacé par M. Coadou qui est nommé, à 21 ans, commandant par intérim, nomination extrèmement rare pour un sous-lieutenant. Malgré ses nouvelles fonctions, il livre un nouveau combat aérien le 3 Septembre vers Coucy avec un monoplace D VII qui tombe désemparé vers la forêt de St Gobain. Evidemment, il demande l'homologation de cette victoire, une fois de plus sans succés.

 

 

Les croisières de chasse se succèdent. Le 4 Septembre, en collabaration avec l'adjudant Delzenne de la N 88 et l'adjudant Pinot de la 84, il attaque aux environs de 18h15 un monoplace D VII et l'oblige à atterir dans les lignes françaises à Juvigny. M. Coadou se pose près de l'avion allemand pour constater que le pilote allemand est blessé et redécolle en emportant à nouveau des morceaux d'entoilage du D VII. 3ème victoire homologuée ! M. Coadou enchainent les missions de chasse pratiquement tous les jours. Il effectue une croisière aux environs de Reims le 24 Septembre lorsqu'il aperçoit un biplace allemand. Il l'attaque et finalement l'avion ennemi tombe au Nord-Ouest de Cernay en Dormois. 4ème victoire officielle.

26 Septembre. M. Coadou attaque un D VII qui tombe en flammes au Sud-Ouest de Louvermont (Nord de Verdun) emportant dans sa chute le pilote dont le parachute s'est pris dans l'empennage. 5ème victoire homologuée et le titre d'As en prime ! Le lendemain, une nouvelle citation à l'ordre de l'armée le récompense de ses victoires :

"Pilote de chasse expérimenté et très brave, remarquable chef de patrouille. Le 4 Septembre, à la tête de sa patrouille, a contraint à attérir dans nos lignes un monoplace ennemi."

Le 29 Septembre, il vole au secours d'un Bréguet 14 qui était attaqué par un Fokker D VII. Les combats s'enchainent. Le 1er Octobre, il participe à la protection de bombardiers français lorsqu'il attaque, en compagnie du sergent Serene, un D VII à fuselage tango. L'avion allemand s'écrase au nord de Sommepy. La victoire est homologuée, c'est sa 6ème. M. Coadou quitte le commandement de la SPA 88 le 7 Octobre lorsque le capitaine Rozoy, nommé à la tête de l'escadrille par l'état major, rentre d'une longue convalescence suite à une blessure reçue en combat aérien le 12 Avril 1918.

La 7ème victoire, M. Coadou l'obtiendra le 9 Octobre peu après 16h30 lorsqu'il attaque deux Fokker D VII dont l'un tombe entre les villages de Romagne-sous-Montfaucon, Cierges et Nantillois. Cinquième citation le 23 Octobre :

"Brillant pilote de chasse, adroit, audacieux et brave. Le 24 Septembre, a attaqué un monoplace ennemi qui venait sur nos ballons, et après un dur combat l'a abattu en flammes dans nos lignes" (note de l'auteur : le carnet de vol de M. Coadou mentionne qu'il a abattu un biplace).
Nouvel exploit le 29 Octobre. En croisière libre, il rencontre un groupe de 3 Fokker D VII et n'hésite pas à les attaquer. Il en abat un qui tombe au Nord de Verdun près du village de Consenvoye. 8ème victoire officielle.

Le 7 Novembre, une nouvelle citation récompense le talent de chasseur de M. Coadou :

"Excellent pilote de chasse, recherchant ardemment le combat, a abattu le 1er Octobre un avion ennemi."

M. Coadou effectuera jusqu'à l'armistice du 11 Novembre 1918 plusieurs missions de chasse et de protection de bombardiers. A l'heure de la victoire des alliés, M. Coadou peut être fier de son bilan : plus de 560 heures de vol (732 heures de vol au total), 59 combats aériens, 9 victoires homologuées (la neuvième a du être homologuée après la guerre parmi les nombreuses victoires non accordées sur le moment), une blessure, 6 citations et la croix de guerre 14-18 avec 6 palmes et une étoile.

Pour ultime récompense de ses exploits pendant la guerre, il reçoit le 25 Novembre 1918 la légion d'honneur avec une nouvelle citation à l'ordre de l'armée :

"Pilote aviateur engagé volontaire à 18 ans. S'est distingué dans l'aviation par ses qualités exceptionnelles de bravoure et d'audace. Dans l'aviation de chasse, s'est révélé pilote très brillant et chasseur redoutable. A pris part à toutes les grandes batailles de 1918, déployant une ardeur inlassable dans de nombreux combats et mitraillages. A remporté les 9 et 29 Octobre 1918 des 8ème et 9ème victoires (note de l'auteur : pas de trace qu'en Novembre 1918 sa 9ème victoire ait été homologuée). La présente nomination comporte l'attribution de la croix de guerre avec palmes."

La guerre est terminée, pour autant les vols d'entrainement continuent. Le 1er Janvier 1919, l'escadrille s'installe sur le terrain de Frolois en Meurthe et Moselle. Du 4 au 15 Avril, M. Coadou participe à des exhibitions aériennes à Lausanne en Suisse, exhibitions qui ont pour but d'inciter l'armée de l'air helvète à acheter des avions militaires français et permettre ainsi à la France de réduire son parc aérien devenu trop important pour le temps de paix.

Marcel Coadou, malgré sa très forte envie de rester dans l'aéronautique militaire, est rendu à la vie civile le 15 Octobre 1919. Du jour au lendemain, il se retrouve seul (ses parents sont décédés), sans domicile et sans indemnité de démobilisation. Il part en quète d'un emploi et se voit pour cela contraint d'acheter un costume à crédit ! Dessinateur industriel de formation, il trouve un poste de directeur technique et commercial d'un atelier de décolletage et de fabrication de bougies d'allumage pour moteur à explosion. Mais son goût pour l'aviation ne l'a pas quitté. Dès Octobre 1922, il réalise une période volontaire dans l'aviation militaire sur la base d'Orly. Il volera à cette occasion sur Caudron G3. Réserviste, il est nommé lieutenant le 6 Janvier 1922. Décidé de vivre de sa passion, à la fin de l'année 1922, il entame la formation de pilote de transport public, passe les épreuves pratiques et théoriques à Paris et obtient la délivrance de cette qualificattion sous le N° T.P. 0739 le 12 Février 1923. Il entre à la compagnie Franco-Roumaine de navigation aérienne qui existe depuis le 23 Avril 1920 et qui fût la première compagnie internationale de transport aérien créée dans le monde.

Dès le 20 Février, il commence les vols d'entrainement sur SPAD, et sera confirmé dans ses fonctions après des voyages de poste entre Le Bourget et Strasbourg. M. Coadou est affecté à la ligne Prague-Varsovie et volera la plupart du temps sur Potez VII, avion qui peut transporter deux passagers. Après plus de 90 vols sur cette ligne, il est subitement licencié en Novembre 1923 pour avoir refusé de convoyer de Varsovie à Paris un Potez VII à bout de souffle, et ce d'autant qu'il avait contracté une pleurésie au cours d'un survol des Carpathes à plus de 2000 mètres d'altitude (à l'époque, le pilote était encore à l'air libre dans son cockpit). Fatigué par sa maladie, il décide de rentrer en Bretagne pour se rétablir et accepte un poste de directeur technique et commercial à la Sté anonyme des carrières de granit de l'Ile-Grande près de Plemeur-Boudou. Dès le mois d'Août 1924, il effectue à nouveau tous les ans des périodes volontaires dans l'aéronautique militaire, toujours à la base d'Orly. A la fin de l'année 1929, il démissionne de son poste de directeur technique, une clause de son contrat n'ayant pas été respectée.

En 1931 il accomplit avec un Farman 232 un tour de France avec un passager, prouvant ainsi que les progrès de la navigation aérienne, notamment sur la fiabilité des moteurs, ne nécessitaient plus la présence d'un mécanicien à bord. Préssentant le développement de l'aviation de tourisme, il décide de créer à Saint Michel en Grève une station aérienne. Ayant obtenu les autorisations préfectorales le 4 Juillet 1931, il construit sur la grève un hangar qui abritera un puis deux et enfin trois avions école. Le président de l'aéroclub sera le général d'aviation Keller, Marcel Coadou étant vice-président et chef pilote. Un club house est construit, et au fil des ans, l'aérodrome se développera sous l'impulsion de M. coadou qui apprend l'art du pilotage à de nombreux élèves. Ayant effectué chaque année des périodes en tant que réserviste, il est nommé capitaine le 25 Décembre 1931. En 1932, il renouvelle la performance de réaliser un tour de France avec passager, toujours sur Farman 232.

La première élève a être lachée en solo s'appelle Sabine Leyritz. Elle deviendra l'épouse de Marcel Coadou. Passionnée elle même par le pilotage, elle sera également instructeur et apprendra le pilotage à de très nombreux élèves. Jusqu'en 1937, Marcel Coadou effectuera des centaines d'heures de vol sur son Farman immatriculé F.ALLS, et organisera chaque été sur l'aérodrome un meeting aérien très apprécié des habitants de la région. Après avoir été élevé au grade d'officier de la légion d'honneur le 30 Décembre 1934, il est décoré, sur le terrain de St Michel en grève le 13 Septembre 1937, de l'ordre de commandeur de la légion d'honneur des mains du général Keller pour services exceptionnels.

 

 

Sous l'injonction du général d'armée, commandant en chef de l'armée de l'air, M. Coadou est réintégré, à 40 ans, au service actif pour une durée de deux ans le 27 Décembre 1937. Il est affecté au 1er groupe de la 2ème escadre d'aviation légère de défense basée à Chartres. Ce groupe, qui réunit les deux plus célèbres escadrilles de chasse de l'armée de l'air la SPA 3 dite de Guyenemer et la SPA 103 dite de Fonck, prendra en 1939 l'appellation Groupe de Chasse 1/2. M. Coadou est nommé adjoint du capitaine Daru, commandant du 1er groupe.

Dès le 30 Décembre, il effectue quelques vols à la section d'entrainement, puis à partir du 10 Janvier 1938 il vole sur Dewoitine 500 qui équipe le groupe à cette époque. Il volera régulièrement sur ce type d'avion jusqu'en Avril 1939. Ce mois la, le groupe commence à percevoir le monoplace de chasse le plus moderne de l'armée de l'air, à savoir le Morane Saulnier 406, qui s'avérera complétement dépassé en 1940 face aux Messerschmitt 109. Il est laché sur MS 406 le 20 Avril 1939. Tous les mois, malgré la charge administrative de sa fonction, il effectue de nombreux vols. Le 14 Juillet, avec le reste du groupe il participe au défilé aérien.

Le 27 Août, le GC 1/2 décolle de Chartres pour se rendre sur son terrain d'opérations, Beauvais-Tillé dans l'Oise. Le groupe fait partie du groupement de chasse 21 chargé entre autres de la couverture aérienne de la région parisienne. Le 3 Septembre la France et la Grande Bretagne déclarent la guerre à l'Allemagne. La veille, M. Coadou a été promu au grade de commandant. Au printemps 1939 avait été lancé une grande souscription nationale afin d'offrir à l'armée de l'air une escadrille de chasse supplémentaire. C'est le Groupe de Chasse 2/7 qui avait été choisi pour recevoir les Morane Saulnier achetés avec l'argent récolté. Le GC 2/7 a bien officiellement réceptionné les MS 406 flambants neufs, mais comme il était déjà équipé de ce type d'appareil, les avions seront reversés en Octobre au GC 1/2. Souscription nationale oblige, chaque avion porte un nom d'une province française. Marcel Coadou, breton de naissance, décide de s'attribuer le MS 406 baptisé Bretagne. Il s'agit du N°438 qui devient l'avion officiel de M. Coadou.

Du 5 au 15 Décembre, Marcel Coadou se rend avec 10 jeunes pilotes à Moronvilliers, près de Mourmelon dans la Marne, afin qu'ils y effectuent une campagne de tirs. La météo étant extrèmement mauvaise, cette période sera essentiellement consacrée à des essais en vol. Ils seront tous de retour à Beauvais le 19 Décembre. Le Groupe de Chasse 1/2 reçoit le 27 Janvier 1940 l'ordre de se rendre sur le terrain de Xaffévillers dans les Vosges. Les pilotes sont ravis de quitter l'Oise, secteur bien trop calme à leur goût. En fait, compte tenu des conditions climatiques, le groupe ne décolle que le 13 Février pour attérir non pas sur le terrain Xaffévillers, impraticable à cette période, mais à Velaine près de Nancy. C'est à partir de ce terrain que Marcel Coadou effectuera sa première mission de guerre en participant à la protection de deux Potez 63 de reconnaissance. 27 Février 1940, le Groupe 1/2 peut enfin se rendre sur le terrain de Xaffévillers. Malgré l'état exécrable du terrain, des missions sont effectuées. M. Coadou en réalisera trois au cours du mois de Mars. Le 4, il participe à la protection d'un Potez 63, le 10 pendant 1h30 il effectue une protection du terrain et le 24 il réalise à nouveau une mission de protection d'un Potez 63. Le 11 Avril, nouveau changement de terrain pour le groupe de chasse 1/2 qui se déplace à Toul-Ochey (Meurthe-et-Moselle). La première mission de guerre à partir de ce nouveau terrain sera pour M. Coadou le 20 Avril et consistera à protéger un Potez 63. Le 22, au cours d'une mission de protection de deux Potez 63, la patrouille composée du Cdt Coadou, du Cne Hyvernaud et du S/Lt Dubonnet voit passer sous elle un Dornier 17. Chacun des pilotes attaquera l'avion allemand qui pourtant arrivera à rejoindre ses lignes.

10 Mai, déclenchement de l'offensive allemande. Marcel Coadou effectuera ce jour la une mission de protection du terrain sur alerte. Le Groupe 1/2 est déplacé le 14 Mai sur le terrain de Damblain en Haute-Marne, celui de Toul-Ochey étant jugé trop exposé. Devant l'avance allemande, le groupe partira le 13 Juin pour Dijon-Longvic pour dès le 15 changer pratiquement chaque jour de terrain. Le jour de l'armistice, il se trouve sur le terrain de Nimes-Courbessac. Entre le 10 Mai et le 25 Juin, Marcel Coadou n'effectuera plus, à son grand regret, de mission de guerre. Le Groupe de Chasse 1/2 sera officiellement dissous le 20 Août 1940.

Entre temps, plusieurs citations sont venues honorer les pilotes du groupe. Marcel Coadou est cité le 14 Juillet à l'ordre de la division :

"Pilote de guerre 1914-1918 au cours de laquelle il avait obtenu 9 victoires. A repris sa place dans un groupe de chasse où il est resté durant toute la campagne 1939-1940, faisant preuve d'un allant qui ne s'est jamais démenti. A fait profiter les pilotes de son unité de son expérience tout en donnant lui même un exemple soutenu au cours de patrouilles de chasse auxquelles il a participé." Cette citation s'accompagnait de l'attribution de la croix de guerre avec étoile d'argent.

 

 

Il est officiellement démobilisé le 24 Août, et retourne contraint à la vie civile.

M. Coadou, avant de rentrer dans sa Bretagne natale, se met à la recherche de sa femme et de ses enfants partis, comme des millions de français, sur les routes de France devant l'avancée des armées allemandes. Après un mois de recherche, il les retrouve et retourne dans sa propriété de Trébeurden qu'il découvre occupée par des officiers allemands. Par respect pour le combattant de l'air qu'il était, sa chambre ainsi que celles de ses enfants lui sont rendues, mais la cohabitation lui sera très pénible. La présence des allemands ne l'empèche pas en 1943 et 1944 de fournir à la résistance des renseignements sur les défenses côtières des régions de Ploumanach, Trégastel, Plemeur Bodou et Trébeurden.

En Octobre 1944, à 47 ans, il parcourt en vélo les 540 km qui séparent Trébeurden de Paris afin de se présenter au ministère de l'air espérant être réintégré dans l'armée de l'air. En vain ! Ayant vendu sa propriété, ravagée par la guerre, M. Coadou habite quelques années à St Germain en Laye, puis en 1948 décide de s'installer dans le Var à Boulouris à côté de St Raphaël. Très vite, il fréquente l'aéroclub de Fréjus-St Raphaël et y deviendra rapidement, ainsi que son épouse, pilote instructeur. Ils seront tous les deux les principaux animateurs de l'aéroclub et formeront des centaines de pilotes. Le 14 Janvier 1954, il est décoré de la médaille d'honneur de l'aéronautique (médaille d'argent).

Marcel Coadou ne prendra sa retraite qu'en Juillet 1968 à l'âge de 71 ans ! Le 11 Novembre 1981, il participe à l'ultime rassemblement international des As de la 1ère guerre mondiale.

Il s'envole définitivement pour le paradis des pilotes le 22 Octobre 1985. Une place de St Raphaël et une rue de Lannion portent son nom associé à jamais à la passion de l'aviation, au courage et à l'amour de la patrie.

 

 

 


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Médaille Militaire (28/03/19)
Croix de Guerre 1914-18 (6 Palmes + 1 Etoile)
Croix du Combattant volontaire 1914 - 1918
Médaille des blessés 1914-18
 

 



 


Victoires aériennes

Victoires Homologuées  
7
.
2
  Collaboration
Non Homologuées  
6
.
o
  Collaboration
Endommagés  
o
.
o
  Collaboration

VICTOIRES
Date Heure Revendic Type Unité Avion d'arme Unité Lieu   Remarque
02.02.18
-
Non Hom Albatros
- - SPA 88 Secteur Reims
-
Adj Arthur Coadou
01.04.18
-
Non Hom Biplace
- - SPA 88 Montdidier
-
Slt Arthur Coadou
04.04.18
-
Non Hom Biplace
- - SPA 88 Montdidier
-
Slt Arthur Coadou
02.05.18
-
Non Hom Albatros
- - SPA 88 Dompierre - Gondenvillers
-
Slt Arthur Coadou
19.05.18
-
Détruit Avion
- - SPA 88 Grisolles
1
Slt Arthur Coadou
20.05.18
-
Non Hom Biplace
- - SPA 88 Assainvillers
-
Slt Arthur Coadou
01.08.18
14:15
Détruit Fokker D VII
- - SPA 88 Villemoyenne
2
Slt Arthur Coadou
03.09.18
-
Non Hom Fokker D VII
- - SPA 88 Coucy
-
Slt Arthur Coadou
04.09.18
18:15
Détruit Scout
- - SPA 88 Juvigny
3
-
-
Slt Arthur Coadou
Adj Delzenne (SPA 84)
Adj Pinot (SPA 84)
24.09.18
-
Détruit Biplace
- - SPA 88 Reims
4
Slt Arthur Coadou
26.09.18
-
Détruit Avion
- - SPA 88 Lignes Françaises
5
Slt Arthur Coadou
01.10.18
-
Détruit Avion
- - SPA 88 Nord Sommepy
6
-
Slt Arthur Coadou
Sgt Serene
09.10.18
16:30
Détruit Scout
- - SPA 88 Montfaucon
7
Slt Arthur Coadou
29.10.18
-
Détruit Avion
- - SPA 88 -
8
Slt Arthur Coadou
??.??.18
-
Détruit Avion
- - SPA 88 -
9
Slt Arthur Coadou


Sources

http://pilotesdechasse.over-blog.com/article-coadou-marcel-100684007.html
http://albindenis.free.fr/
http://www.theaerodrome.com/index.php
http://fandavion.free.fr/asfrancais_14-18.htm
Over the Front - Norman Franks et Frank W Bailey




 

 

 

 

 

 


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