De SEYNES Maurice
De SEYNES Maurice

 





 


Né le 7 août 1914 à Paris
Tué le 15 juillet 1944 dans un accident d'avion (URSS) (30 ans)

 

 

Capitaine

2 victoires homologuées





Grade Date
Unités
Arrivée Départ Fonction Secteur
Slt
1940
 
Armée de l'Air 1936 1939 Elève Pilote France
Lt
1941/42 !
 
GC II/6 1939 1940 Pilote France
Cpt
1944
 
GR 2/14 07/40 1940/41 Pilote France
     
GC II/8 1940/41 1942 Pilote France
     
Normandie 01/01/44 15/07/44 Pilote URSS

Maurice DE SEYNES est né le 7 Août 1914 à PARIS. Il est admis à 1'Ecole de l'Air en 1936 avec la promotion "Capitaine Astier de Villatte". Très rapidement il se révèle comme un élève particulièrement brillant et obtient son brevet de pilote en Août 1937. Il est alors affecté à l'École de chasse de Romilly-sur-Seine et rejoint un an plus tard, l'escadrille du groupe de chasse II/6 à Chartres. Il part en campagne avec son groupe stationné successivement à Engelure, Dunkerque et Maubeuge.

Jeune officier pilote il se distingue particulièrement. manifestant au cours de nombreux engagements autant d'ardeur que de sang-froid. Ce comportement exemplaire lui vaut une citation à l'ordre de l'armée aérienne, comportant l'attribution de la Croix de Guerre pour avoir abattu deux avions ennemis les 5 et 6 Juin1940. A la suite de la dissolution de son groupe de chasse, il est affecté au groupe de reconnaissance 2/14 en Juillet 1940 puis à l'école de l'air à Toulouse et au Groupe de chasse II/8 à Marignane.

En 1942, son unité étant dissoute. il décide de rejoindre les Forces aériennes françaises libres (FAFL).

Affecté au groupe de chasse "Normandie" le 1er Janvier 1944. il participe avec une foi inébranlable aux offensives victorieuses dans les secteurs de Vitebsk, Orcha. Borissov et Minsk.

Le 15 Juillet 1944, son unité rejoint le terrain de Mikountani afin de rester au plus près du front. Lors de ces déplacements, il était d'usage que le mécanicien voyage avec son pilote. mais la place exiguë qui lui était réservée interdisait l'emport d'un parachute. Le Capitaine Maurice DE SEYNES s'envole donc avec son mécanicien soviétique. le Sergent BIELOZOUBE dit le "Philosophe".

Peu après le décollage. le pilote revient vers le terrain et rend compte qu'il est victime d'une fuite d'essence dans la cabine. Aveuglé. puis intoxiqué, il cherche à atterrir à plusieurs reprises, mais en vain. Il reçoit l'ordre de sauter en parachute. Le Capitaine DE SEYNES refuse, par solidarité avec son passager, et s'écrase au sol lors de sa dernière tentative d'atterrissage. Le sacrifice de Maurice de Seynes impressionne considérablement le personnel soviétique du groupe Normandie. S'ils avaient jamais eu des doutes sur la fraternité d'armes qui les unissait aux pilotes français, ils venaient d'en avoir une tragique démonstration.

La Base aérienne 115 d'Orange a pour nom de tradition "Capitaine Maurice DE SEYNES"

La mort tragique de Maurice de Seynes et deVladimir Bielozoub son mécanicien.

Certains des hommes du Normandie sont morts en plein ciel, fauchés au milieu d'un combat, d'autres ont sauté et ne furent jamais retrouvés, la mort était une compagne de chaque jour pour chacun de ces hommes. L'un d'entre eux à connu une mort ni plus ni moins tragique que ses camarades mais elle fut un événement marquant de la vie du Normandie et est sans doute la plus belle preuve de la fraternité née entre français et russes du Normandie-Niemen..

Ce récit de l'événement est celui fait par le Colonel Ingénieur Sergei D. Agavélian alors Capitaine Mécanicien au Normandie Niémen.

Le 15 Juillet 1944 au moment crucial de l'opération de Biélorussie notre régiment quitta Doubrovka (Smolensk). L'une après l'autre les escadrilles avaient décollé en direction de Mikountani en Lituanie. Chaque pilote avait pris à bord, dans l'étroit compartiment à bagages aménagé derrière le siège , son mécanicien pour qu'il puissent ,dés l'arrivée, préparer les avions au combat. Environ 20 minutes après le décollage , le Capitaine Maurice de Seynes annonça à la radio qu'il avait une fuite d'essence et qu'il faisait demi-tour.
Delfino lui indiqua que le terrain était dégagé et qu'il pouvait se poser aussitôt. De Seynes fit plusieurs tentatives pour se poser ,sans succès, probablement que l'essence avait recouvert son pare-brise. Quand nous comprîmes que de Seynes ne pourrait pas se poser, nous l'annonçâmes au commandant de la 1ere Armée Aérienne, qui donna l'ordre d'abandonner l'avion.

Surmontant son émotion Delfino prit le micro et dit:

- Maurice, le commandant te donne l'ordre d'abandonner l'avion.

Nous étions tous figés, attendant l'apparition de la coupole blanche du parachute. L'un des pilotes soupira:

- Moi je ne quitterai pas l'avion. Il a l'adjudant-chef Bielozoub avec lui qui n'a pas de parachute.
- Moi non plus dit un autre pilote.
- Moi non plus je ne sauterai pas dit un autre encore.

Maurice fit encore deux tentatives d'atterrissage dans les marais sans y parvenir, monta à 800m et se mit en palier. Nous pensions qu'il allait tout de même sauter.

- Agavelian tu représentes le commandement soviétique ici me dit Delfino en me tendant le micro, donne lui l'ordre toi même.

Je pris le micro et dit:

- Maurice, c'est un ordre Saute !! Il n'y à pas d'autre solution.

Pétrifiés nous attendions le dénouement. Quand l'avion s'écrasa au sol , tout prés, nous nous précipitâmes. Le choc avait projeté Maurice de Seynes et Vladimir Bielozoub hors de l'avion. Ils gisaient tous les deux sur l'herbe verte. Nous les avons couchés dans la même tombe et, en silence nous sommes revenus à nos avions. Tout en volant vers l'ouest, nos cœurs saignaient en pensant à ce que nous venions de vivre et nous n'arrivions pas à nous en remettre.

Serge Agavelian

 

De nombreuses années après la mort du Capitaine De Seynes, le général Zakharov devait renconter la mère de Maurice de Seynes, madame Thérèse de Seynes. Exprimant au général ses sentiments, madame De Seynes devait résurmer si situation en ces mots :

«Mon général, j’avais un seul fils, et il a eu la possibilité de se sauver... Mais alors l'honneur de toute notre famille aurait été entaché. Mon fils a agit noblement...»

A Paris dans la maison de madame de Seynes il y avait deux portraits au mur : un de son fils Maurice-Phillipe et l’autre de Vladimir Bélozoube. Probablement, tel est le sort de toutes les mères du monde entier – garder les lettres et les photos de leurs fils péris pour perpétuer leur mémoire. Dans une khata blanche des paysannes du village Pokrovka en Ukraine les parents de Vladimir Bélozoube gardaient la lettre du front, dans laquelle leur fils parlait de son ami de combat français, le pilote de Seynes.

"Pouvez-vous trouver chez quelqu’un un manuel de français ? J’en ai très besoin... Quand je reviendrai, je vous parlerai de mon ami. Il a beaucoup d'expérience, il a parcouru le monde avant de venir chez nous. Maintenant il se bat avec nous contre les Allemands, mais autrefois il se battait contre eux en France. Je suis très ami avec lui. Pendant nos moments de temps libre nous apprenons l'un et l'autre à lire et à écrire : lui en français, moi en russe"

Dans la vieille commode familiale, il y avait une autre lettre, écrite par 7 pilotes du Normndie et dans laquelle ils décrivaient les circonstances de l'accident. De son côté, Madame De Seynes gardait ausssi précieusement l'unique lettre reçue de Russie dans des circonstances étranges, remise par un inconnu qui après lui avoir donné s'est évanoui dans la nuit sans dire un mot. C'est dans cette lettre que Madame De Seynes lit pour la première fois le nom de Vladimir Bélozoube :

"Je l'appelle le philosophe. Vladimir est un peu plus agé que moi. Après chaque mission, il attend mon retour avec impatience, tout comme toi, ma mère. Mais je le retrouve plus souvent que toi, même dans mes rêves de retour à la maison. Et c’est mon bonheur pour le moment. Quand je dors et je vois Claude et toi (la soeur de Maurice-Phillipe), je ne sais plus si je rêve ou s'il s'agit de la réalité. Pendant ce temps il s'occupe de tout, pour que je revienne encore une fois. Quel maître est il, quel garçon est il! Tu le verras, ma mère. Mon philosophe, comme moi, est sûr, que nous vaincrons très bientôt, et alors je te présenterai Bélozoube. On peut facilement traduire ce nom en français – la dent blanche - Dent Blanche. Mais on ne peut pas traduire de Seynes à la langue russe...".

Une autre lettre d'un mécanicien Russe du Normandie-Niemen nous éclaire sur la solide amitié qui liait les pilotes et leurs mécaniciens. Ainsi, en 1963 Iakov Géorgievitch Titov écrivait :

"Chaque fois qu'il revenait à l'aérodrome, j'éprouvais un grand sentiment de "joie". C'était l'allégresse et le bonheur. Ainsi mon pilote etait vivant, et aujourd'hui, comme toujours, il me demandera : «Titov, combien ? ». Je ne lui répondais pas tout de suite et il attendait. J’examinais la machine, je grimpais dans la cabine de son "Yak" et je lui disait : «Mon lieutenant, dans quatre heures la machine sera prête». Alors le pilote mettait la main sur mon épaule et nous poursuivions notre conversation laconique : «Et bien, Titov. Mais nous allons la réparer en deux heures, il faut donc diviser quatre heures par deux». Il riait alors aux éclats et, comme toujours, il nous (les mécaniciens) appellait les anges-gardiens. Nous nous les appelions les Français Ils combattaient dans notre ciel contre notre ennemi commun «Trompe la Mort»".

 





Chevalier de la Légion d'Honneur
Ordre de la Guerre pour
le Salut de la Patrie (URSS)

 


 




 



Victoires aériennes

Victoires  
o
.
2
  Collaboration
Probables  
o
.
o
  Collaboration
Non confirmées  
o
.
o
  Collaboration
Endommagés  
o
.
o
  Collaboration

Objectifs terrestres
.
Avions détruits au sol  
-
.
-
  Endommagés au sol
Blindés  
-
.
-
  Véhicules
Locomotives  
-
.
-
  Bateaux

VICTOIRES
Date Heure Revendic Type Unité Avion d'arme Unité Lieu   Référence
05/06/40 Détruit He 111
D 520 GC II/6 Nevers
1
-
(Slt) De Seynes Maurice
(Sgt) Delhoume
06/06/40 Détruit Me 109
D 520 GC II/6 Roye
2
-
(Slt) De Seynes Maurice
(Adj) Laguet


Sources

   

http://www.normandieniemen.org
http://www.normandieniemen.com
http://normandieniemen.free.fr
http://perso.wanadoo.fr/frenchaces/
http://www.ordredelaliberation.fr
http://www.mediares.fr/niemen/

STALIN'S FALCONS - Thomas Polak with Christopher Shores. Grub Street Editions.
Aviateurs de la Liberté - Mémorial des Forces Aériennes Libres par le Colonel Henry Lafont
Normandie-Niemen - Editions Heimdal par Christian-Jacques Ehrengardt
Source : Aéro-Journal n° 24 : Avril - Mai 2002
"Ceux du Normandie-Niemen" d'Yves Donjon - Editions Astoure

         




 

 

 

 

 

 


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